Entretien avec Abdellatif LAABI
Entretien réalisé par Kristin Prevallet en mai 2001

 

Kristin Prevallet : J'effectue actuellement des recherches pour une anthologie qui visera à remettre en contexte la diversité culturelle et esthétique de la poésie écrite en français aujourd'hui. En tant que jeune poète, je n'étais certes pas la seule à penser que la poésie française la plus intéressante provenait exclusivement d'une avant-garde européenne particulière de tradition mallarméenne. Qui reste très importante pour moi car c'est à travers elle que j'ai appris à aimer la poésie française. J'admire votre travail, Abdellatif Laâbi, car il me semble que vous avez traversé maints mouvements, pratiques poétiques et combats politiques différents. Et pourtant votre travail ainsi que celui d'autres poètes " francophones " n'a pas été bien représenté aux Etats-Unis ; même si c'est semble-t-il en train de changer un peu.

Abdellatif Laâbi : Je regrette avec vous cela. Mais c'est un problème américano-américain. Je constate quand-même que les départements des littératures francophones sont très actifs dans beaucoup d'universités américaines, plus d'ailleurs que dans les universités françaises. La traduction dépend, elle, des maisons d'édition. L'intérêt de celles-ci pour la poésie francophone autre que celle écrite par des poètes français " de souche " ne reflète pas malheureusement cette réelle ouverture que j'ai pu constater dans les universités américaines pour le Maghreb, l'Afrique, les Antilles etc.

Cela dit, je n'aime pas beaucoup l'étiquette de la francophonie. Outre qu'elle recouvre des arrières-pensées politiciennes, elle est réductrice. C'est une façon d'enfermer des expériences littéraires très diverses et parfois assez éloignées les unes des autres dans la seule problématique de la langue.

KP : Le terme "francophone" est donc un terme politique. Que dire des autres termes qui sont utilisés pour réduire le travail des poètes "francophones" et les définir comme étant soit 'inspirés' soit 'politiquement engagés' ?

AL : La question n'est pas là, et elle dépasse largement le domaine francophone. Elle concerne en général tous les écrivains qui n'écrivent pas dans leur langue maternelle ou, comme je préfère dire, natale. Prenez les écrivains d'origine indo-pakistanaise, Salman Rushdie, Ondaatje, etc. Aujourd'hui en Angleterre par exemple, les écrivains qui font bouger la littérature ne sont pas uniquement des anglais de souche; ce sont des gens qui viennent d'ailleurs. En France on peut citer l'exemple de Kundera qui a décidé d'écrire en français. C'est un phénomène très large aujourd'hui de par le monde. A côté des littératures qu'on appelait nationales, il y a des littératures de type nouveau qui sont en train d'émerger de ce que je j'appelle les périphéries du monde, de l'Inde, d'Afrique ou d'ailleurs. Ce qu'il y a d'intéressant dans ces littératures c'est qu'elles sont à cheval entre deux cultures, deux imaginaires et deux langues différents. Mais elles ne sont pas seulement 'entre' : elles maîtrisent bien les deux versants. Je suis pour ma part parfaitement bilingue : ma langue natale est l'arabe, ma langue d'écriture le français. Ce qu'il peut y avoir d'original dans ce que j'écris c'est donc aussi que deux cultures y sont brassées. Même quand j'écris en français, la langue arabe est là. Il y a une musicalité de la langue arabe, des mots aussi qui s'introduisent dans mon texte français. Je pense qu'on ne voit pas suffisamment l'originalité de ce phénomène qui est aujourd'hui mondial.

KP : Il y a des écrivains qui semblent penser que parce que cette littérature n'est pas innovante dans ses formes, elle reste traditionnelle car elle ne fait pas bouger la langue de manière 'formellement' intéressante.

AL : C'est une analyse qui m'étonne beaucoup. Elle provient simplement d'une ignorance de cette littérature dont je parle, mais aussi d'une sorte de prétention française, hexagonale, à considérer les littératures qui viennent du tiers-monde comme mineures; et ça c'est un reste de la mentalité colonialiste. Mais je pensais que cette mentalité était en train d'être dépassée.

KP : Donc la langue ne peut être revendiquée, et il n'y a pas de langue 'pure'…

AL : Je ne vais pas batailler pour dire 'c'est moi qui représente la langue française ou c'est l'autre', ce n'est pas mon problème. Quel est mon problème à moi ? Je n'ai pas choisi d'écrire en français. On m'a imposé la langue française. Pourquoi ? parce que je suis né dans un pays qui était colonisé par la France. Dans l'école où j'étais on ne nous apprenait pas l'arabe, on nous apprenait le français. Donc j'ai commencé à écrire la seule langue que je connaissais bien pour écrire, le français. Et puis c'est une très longue histoire, d'amour, de haine, de rejet, avec la langue française; mais aujourd'hui je suis très serein. L'expérience coloniale a été ce qu'elle a été, c'était tragique, mais des choses ont été apportées; je n'en garde pas rancune et n'en reste pas prisonnier, mais je suis un produit de cette histoire. Je ne vis en France que depuis quinze ans, tout ce que j'ai écrit auparavant et encore aujourd'hui ce que j'écris est en liaison avec la réalité du Maroc et du tiers-monde, et j'écris en français ; je me sens très bien dans la langue française, mais je ne dis pas qu'elle est supérieure à telle ou telle autre; c'est simplement que je n'ai pas eu la chance de grandir dans un pays libre, indépendant, où on apprend la langue du pays dans les écoles.

KP : Pensez-vous que les approches plus théoriques de l'avant-garde que je mentionnais tout à l'heure soient liées à une absence d'urgence politique ? Un poète Africain que j'interrogeais voyait comme un véritable luxe le fait de pouvoir écrire à partir d'une posture théorique-sans être accablé de problèmes sociaux et politiques.

AL : L'écriture est un risque dans un certain nombre de pays. C'était le cas au Maroc lorsque j'y vivais, puisque j'ai été mis en prison. Dans d'autres pays, des poètes ont été assassinés. Bien sûr un poète occidental n'est pas exposé aux mêmes dangers, aux mêmes atteintes, mais il y a des choses aussi graves et différentes dans ce qu'on appelle les démocraties. Il y a l'endormissement de la conscience, l'indifférence qui est en train de s'installer, il y a des choses inacceptables qui se passent au quotidien. Comment puis-je ne pas m'émouvoir ? Cela me concerne, parce que j'estime que l'occident fait partie aussi de moi. C'est mon humanité aussi. Pour moi il y a une seule condition humaine, avec des différences de situations. Et je ne comprends pas comment on peut penser que l'intellectuel doit se retirer de tout cela, faire son travail et laisser le monde derrière la porte. Après tout, si cela satisfait certains intellectuels, tant pis. Mais pour moi la poésie est trop liée à la vie et à ce qu'elle représente. Qu'est-ce que la vie sinon la dignité, la liberté, le fait de pouvoir s'exprimer librement ?

KP : Comment êtes-vous devenu écrivain ?

AL : Je suis né dans un milieu analphabète, mes parents n'ont jamais pu s'exprimer. Or si j'ai écrit un jour, c'est aussi pour que ces hommes et ces femmes qui n'ont jamais pu s'exprimer, et qui ne sont pas pour autant stupides, puissent le faire, puissent dire quelque chose. Je suis en train d'écrire un roman, justement, où le personnage central est ma mère . Elle était déjà en elle-même un personnage de roman. C'est quelqu'un qui avait une sensibilité, une vision, une révolte extraordinaire contre sa condition. Je lui dois beaucoup, c'est certain.

KP : Et cette révolte était comprise par les 'hommes' de la famille comme son mari, son fils, ou est-ce que vous l'avez comprise seulement plus tard ?

AL : Plus tard, bien entendu. On revient sur un certain nombre de choses. Parce que l'enfance est le patrimoine du poète. Je dis toujours que le poète écrit avec son enfance. Il ne faut pas qu'il devienne un adulte. Le regard que pose l'enfant sur le monde, c'est le premier regard. Et le poème pour moi, c'est toujours un premier regard. C'est cela qui fait qu'un poème est magique. Parce que quelque chose est vue et dite pour la première fois.

KP : Que pensez-vous du concept et du rôle de l'écrivain comme intellectuel public?

AL : J'ai une histoire personnelle un peu particulière. Je suis quelqu'un qui s'est battu, politiquement et intellectuellement, contre la dictature au Maroc. Je ne sépare pas dans la fonction de l'intellectuel son travail -c'est-à-dire la production des idées ou de valeurs symboliques - et son devoir de citoyen. Mais quand j'écris, personne ne me donne d'ordre. Je ne suis pas dans un parti, un syndicat. Je n'obéis à aucune idéologie. Je suis libre. Mais en tant qu'intellectuel je ne peux pas me taire, quand il y a l'oppression, l'injustice, les atteintes aux droits de l'homme, je dois me battre, j'ai mon mot à dire. Je participe au débat politique. Je défends cette fonction de l'intellectuel citoyen. Avant, on disait " engagé ", mais c'est un mot qui a été trop traîné dans la boue..

KP : Comme le mot "francophone" peut-être? A chaque fois que je vois une référence à cela dans un livre, elle semble péjorative.

AL : Le mot devient péjoratif, oui. Parce qu'il y avait des ambiguïtés au moment où on a parlé de littérature engagée. Il y a 30 ou 40 ans, on confondait un peu les deux rôles. Un intellectuel devait s'engager dans un parti politique combattant, dans une idéologie qui veut changer le monde. Et il y avait parfois une répercussion de cet engagement politique, de cette idéologie sur son travail littéraire. On a parlé d'intellectuels organiques. Gramsci l'italien a parlé de cela : la classe ouvrière devait produire ses intellectuels ; l'intellectuel devait être le porte-parole du prolétariat. Il y avait effectivement là un problème. Aujourd'hui je crois qu'il faut dépasser cette notion. Je propose simplement le terme d'intellectuel citoyen. Quelqu'un qui écrit, qui peint, qui fait de la musique, mais qui est en même temps concerné, présent dans les luttes.

KP : Si on est un intellectuel citoyen, est-ce qu'on a besoin de parler des situations politiques dans les poèmes, est-ce que le poème lui-même a besoin d'être le site d'une revendication sociale ?

AL : Est-ce qu'un poème d'amour est un poème engagé ? j'ai écrit beaucoup de poèmes d'amour. Je suis en train d'écrire des poèmes érotiques. Il n'y a pas de politique là dedans : j'aime une femme. Voilà, c'est tout. Pour revenir à ce que vous disiez, ce n'est pas une question de besoin : il y a parfois des événements qui s'imposent à moi. Il y a quelques années, un jeune marocain de 21 ans marchait sur les quais de la Seine. C'était le 1er mai, et il y avait une manifestation du Front National (le parti d'extrême droite ici), un certain nombre de skinheads se sont détachés de la manifestation ; ils ont tabassé ce jeune homme et l'ont jeté dans la Seine. Il est mort, noyé. Ce crime raciste m'a particulièrement touché, j'ai écrit un poème dessus. Est-ce que je n'en ai pas le droit ? Est-ce que la poésie est si sacrée qu'elle ne puisse pas accueillir la tragédie humaine, la protestation et la dénonciation ? Il y a eu beaucoup de meurtres racistes, mais ils sont progressivement oubliés. Moi je nomme la victime, je ne veux pas que l'oubli s'installe. Le poète est aussi quelqu'un qui se bat pour la mémoire. S'il n'y a pas de mémoire, il n'y a pas de littérature (il n'y a rien). Cela étant dit, le poème tel que je l'ai écrit, est un poème à part entière. Je ne me contente pas de dire " à bas le front national ".

KP : Cela pourrait-il constituer une nouvelle définition du poème engagé ?

AL : Je me fiche de l'étiquette. Non, c'est un poème de vie, contre la barbarie, point. Je ne suis pas alarmiste mais j'estime que nous vivons aujourd'hui dans une phase où l'humanité est en train de s'autodétruire. On sait très bien ce qui se passe au niveau de l'équilibre climatique, le continent Africain est en train de mourir, de dépérir, il y a des pays où les deux tiers des adultes sont atteints du Sida, alors que les grandes multinationales pharmaceutiques font de la résistance pour que les produits ne soient pas vendus à des prix qui permettraient aux pauvres de pouvoir se soigner. Quand on est un peu conscient, aujourd'hui, de ce qui se passe dans le monde, on ne peut pas s'enfermer et continuer à vivre sa petite vie, on doit aussi se prononcer. Bien sûr tout dépend de la façon dont on écrit. Ce que je dis est valable pour moi, mais je ne donne de leçon à personne. Je me bats pour ma liberté, en tant que poète, d'écrire ce que j'ai envie d'écrire, ce qui me touche. Dire c'est cela la poésie, et ceci n'en est pas, c'est du fascisme intellectuel. La création est le domaine privilégié de la liberté, sa définition la plus précise et la plus concrète.

KP : Parlons de l'aventure de Souffles.

AL : Nous avions 23 ans chacun quand nous avons commencé. Il y avait Mohammed Khair-Eddine, un grand poète et romancier qui est mort il y a quelques années dans la misère la plus totale. Il y avait Mostafa Nissaboury qui vit à Casablanca, qui écrit et publie toujours. Puis il y a tous ceux qui sont venus après. Beaucoup d'écrivains marocains, algériens… Il n'y avait pas que des maghrébins d'ailleurs : des africains d'Afrique noire, quelques français, un allemand ont participé à cette aventure. La revue a vécu 6 ans, puis a été interdite en 1972. Il reste que c'est une revue qui a permis à un mouvement d'avant-garde de naître, de s'exprimer, et donc de faire bouger la littérature dans les pays du maghreb.

KP : Et comment définissez-vous l'avant-garde ?

AL : Pour moi l'avant-garde c'est surtout la rébellion contre les normes établies. C'est un moment de rupture dans une évolution. Je crois que l'histoire d'une manière générale n'avance ou ne recule que par des ruptures. En littérature cela peut être un individu (par exemple Arthur Rimbaud à un certain moment, seul, a fait une révolution poétique), une génération, un groupe d'écrivains qui font cette rupture, donc qui font passer la conception, la vision de la littérature d'une étape à une autre. Et généralement ça ne peut être qu'un mouvement 'extrémiste'. On a besoin de faire table rase, comme si rien avant n'existait. C'est une fuite en avant, on va ailleurs. Ensuite, bien sûr, on peut revenir et voir que finalement il y a des choses qui nous ont précédé et qui ont été très importantes. Mais au moment où le mouvement d'avant garde se constitue, cela ne peut se faire que dans une certaine violence symbolique. C'est nécessaire. Sinon on reste toujours l'élève de quelqu'un. Un mouvement d'avant-garde dit je n'ai ni dieu ni maître, je suis le maître de moi-même.

KP : Le violent système symbolique auquel vous faites référence provenait-il des avant-gardes européennes, de vos études de littérature française ?

AL : Peut-être bien, mais notre révolte était aussi contre la littérature française : au sortir de l'époque coloniale, même quand on écrivait bien, on n'était considéré que comme un bon élève. Il s'agissait pour nous d'affirmer que nous n'étions pas des élèves, nous voulions en finir avec l'histoire coloniale, décoloniser la tête, pas seulement l'économie, la gouvernance…

KP : Que lisiez-vous à cette période… Frantz Fanon…

AL : Oui, entre autres. Aimé Césaire a beaucoup compté pour moi. Ou encore un écrivain marocain comme Driss Chraïbi. Mais aussi des écrivains que l'on pourrait croire très différents : Dostoïevski, que j'ai lu à l'âge de 15 ans, m'a nourri. Et bien d'autres évidemment. Toutes ces lectures ont joué un rôle bien sûr, mais c'était surtout à mon sens la situation précise du Maghreb à l'époque qui était d'une importance capitale. Il nous fallait lâcher l'occident comme disait Fanon, il fallait en finir avec la période coloniale, nous voulions devenir des sujets de l'histoire et non plus des objets. C'est ainsi : dans l'histoire, y compris de la littérature, il y a des moments où des individus expriment quelque chose qui est déjà dans la société; ils sont en quelque sorte l'instrument pour que ce besoin puisse s'exprimer.

KP : Est-ce que vous voyez une avant-garde aujourd'hui ?

AL : La notion d'avant-garde est comme la notion d'engagement, on s'en méfie. Il y a ce que j'appelle un processus de marchandisation, de mercantilisation de la culture. On sait quels sont les livres qui " marchent " aujourd'hui, et cela a forcément un impact sur la production littéraire, sur la création. Les livres de poésie restent en marge, en dehors du système, ils sont rarement tirés à plus de mille exemplaires en France, et il faut souvent aller les chercher dans des librairies spécialisées. Il me semble que la poésie est l'art aujourd'hui dans lequel il y a une résistance à ce système qui veut faire de la culture une marchandise, une résistance intellectuelle aussi. C'est un des rares domaines où on peut exercer parfaitement sa liberté, d'homme, de femme, d'être humain, de créateur. C'est pour cela que je me bats pour la poésie.

KP : Je suis d'accord sur le fait que la poésie en tant qu'art résiste à sa marchandisation, mais je pense que le poète a également à faire un travail de recherche dans le langage de la culture-en d'autres termes, que la poésie n'existe pas toute seule. Elle existe, comme dit Glissant, en relation avec le monde. Il me semble que pour que s'y articulent la justice et l'humanité, il est important que le poème reste connecté aux divers éléments qui ont contribué à sa production-y compris le langage marchand, le langage de l'actualité…

AL : Oui bien sûr, le poète est l'artisan d'une recherche sur la langue, mais ce n'est pas une recherche savante. L'écrivain n'est pas un savant ou un linguiste. C'est un problème d'économie du langage. Un texte ne prend consistance que s'il n'y a pas un mot de trop. C'est la capacité de trouver cette économie particulière qui fait la poésie. Ce dont je me méfie, ce sont les théoriciens de la poésie qui veulent appliquer leur théorie dans l'écriture. Cette façon d'appliquer des idées, de vouloir tout contrôler par l'intellect, fait inévitablement disparaître l'émotion, le vécu. Je pense au contraire que la poésie est d'abord de l'ordre du pulsionnel.

Par ailleurs, je souscris à votre idée de lier la poésie aux choses du monde. Le poète écrit avec la vie, il écrit avec sa vie. Et je dis que chacun de nous est un être unique. Vous pouvez partager beaucoup de choses, avec des amis, la personne que vous aimez, des écrivains, mais ce qu'il y a à l'intérieur de vous est unique. Nous pourrions jeter maintenant un regard sur la rue, nous ne verrions pas la même chose. Vous verriez un détail et j'en verrais un autre. Ce qui est magnifique, c'est comment par le biais d'un art on arrive à dire cette chose unique qu'il y a en nous. Je n'ai pas réponse à tout. Si j'écris, c'est parce que je cherche à comprendre qui je suis; cette énigme qui est la mienne.

 

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